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La caresse


La confiance et l'écoute mutuelle sont les bases de notre approche. 

La caresse est un élément important pour la construction ou pour la reconstruction d'une bonne relation. Elle ne doit être donnée ni n'importe quand, ni n'importe comment, ni de la même manière avec tous les chiens.

La réaction d'un chien qui reçoit une caresse de son maître donne des indications précieuses au sujet de leur relation, quelquefois des pistes pour cerner un problème de comportement, pas forcément un problème grave (cela ne peut pas et ne doit pas être un critère pour juger le maître!). Lorsqu'un chien arrivait avec sa famille au grand complet, André Escafre s'arrangeait pour que chaque membre le caresse à un moment donné... discrètement...

Quand je suis arrivée au club de Dédé, mon chien ne voulait pas de ma caresse. Il avait un très bon rappel mais s'arrêtait à cinq centimètres du bout de mes doigts. Ce n'était pas le fait d'être éventuellement attaché qui le gênait (parce que c'était lui qui me tirait !) mais la façon dont on m'avait appris à le faire au club précédent : une caresse appuyée sur la tête qui devait lui faire comprendre que c'était moi la "dominante". Parallèlement on m'avait conseillé de ne pas lui faire de gros câlins de "mémère à chien chien"... parce que c'était un rottweiler !

Pour le cas de ce chien précis les détails concernant la caresse sont devenus de réels critères d'évaluation. Les conseils pour caresser (pas de "tripoter", pas en faisant face - pour ce chien-là), l'autorisation de faire des bisous, de me comporter en mémère à chien chien" sur le canapé (sans abuser, sans être tout le temps après lui) ont été LA clé.

Quelle victoire et quel bonheur le jour où Platon a accepté la caresse comme le faisaient ses congénères ! (au bout de six mois).

Ce n'est qu'à partir du moment où la caresse est appréciée par le chien qu'elle traduit un plaisir mutuel, que le binôme maître/chien avance vraiment.

Voici quelques exemples filmés : 

Des conseils donnés au cours d'une première séance

Petites précisions, certains passages étant presque inaudibles :

0:27 : Dryade explique la différence entre les caresses pour câliner et les caresses "éducatives" et précise que la chienne qui vient d'arriver ne devra pas être caressée sur la tête (certains chiens n'aiment pas, cela en excite d'autres). Elle montre ce qui doit être évité avec cette chienne-là.

1:15 : la même caresse est expliquée sur la vidéo n° 3.

2:00 : la caresse au niveau de l'épaule permet de garder le chien avec soi sans lui donner l'impression d'être retenu. Il ne doit pas avoir l'impression d'être retenu mais doit avoir envie de rester pour être caressé. Les deux mains doivent donc être toujours en mouvement.

2:20 : cette caresse est donnée lorsque le chien passe à notre niveau même s'il ne le fait pas exprès, même si c'est parce que nous sommes sur sa trajectoire par hasard. Il s'agit d'une seule, longue et lente caresse le long du flanc.

Vous retiendrez que Dryade veille à continuer à marcher comme si de rien n'était.

Au moment où il reçoit cette caresse le chien est placé exactement au niveau auquel il devrait se trouver dans le cas d'une suite au pied. Sans vous en apercevoir et sans brusquer ou contraindre le chien, vous préparez la suite au pied (pas forcément avec un chien collé pour les concours mais avec un chien qui suit sans être attaché).

Vous la donnez aussi si le chien passe à côté de vous dans la maison, pendant que vous jardinez... Cela doit devenir un automatisme, sauf dans les situations où il ne faut surtout pas caresser (cf. en fin de page).

3:20 : la caresse sur le plat de la joue (que vous verrez aussi sur la vidéo n°4).

 

La caresse au niveau de l'épaule et d'autres caresses apaisantes

 

Avec les commentaires de André Escafre

 

 

Je n'ai pas encore trouvé de titre pour l'extrait qui va suivre et qui permet de mettre en relief des détails importants.

Contexte : Ces caresses venaient après un exercice qui avait pour objectif de renforcer le mental du chien : construire une "force tranquille" ou un chien plus sûr de lui. Je ne décris pas le déroulement de l'exercice pour ne pas vous tenter de le pratiquer. Seul André Escafre le conduisait car il était un vrai professionnel. Mal conduit, il pouvait rendre le chien agressif ou plus peureux.

Les caresses qui concluaient la séance avaient un rôle particulièrement important : elles permettaient de préparer le mental du chien pour la séance suivante.

Donc les chiens que vous voyez venaient de faire un effort mental conduit par André Escafre (les premières séances ne dépassaient pas deux minutes dans certains cas). Pour que le chien ne se braque pas la fois suivante, il fallait que André Escafre puisse terminer sur la base d'une bonne relation avec lui. Le maître avait caressé et remercié son chien avant de le remettre à André Escafre. Notez ce détail : le maître est entre le chien et André Escafre au moment où il remet le chien (sécurité). 

J'ai choisi cet extrait parce qu'il illustre un autre point important : n'imposez pas vos caresses à un chien qui n'est pas le vôtre, même à votre propre chien dans certaines situations (situations inhabituelles comme le noir, la douleur, un stress).

Notez que André Escafre parle alors que pour les autres caresses on vous conseillait de ne pas parler. Ici il faut parler parce que le chien est fixé sur l'idée de vouloir rejoindre son maître. Etre surpris par la main inconnue s'approchant de lui pourrait déclencher un réflexe de défense.

Il parle avec une voix rassurante, a des gestes très lents.

Notez que dans le cas du chien n°2, il ne va pas jusqu'à donner la caresse, il permet au chien de s'informer.

Il se fait CONNAÎTRE, il n'exige pas d'être RECONNU !!

À chaque fois que je revois ces images, je pense au Petit Prince et au Renard de Saint Exupéry...

 

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Donner ou ne pas donner la caresse

Certains chiens ne supportent pas que leurs congénères se fassent caresser devant eux, même si ce n'est pas leur maître qui les caresse. Cela peut être une source de bagarre.

Quelquefois ils ne le supportent pas exceptionnellement pour une raison qui nous échappe. Il est donc conseillé de bien observer le contexte du moment.

Contexte : Catchu fait la connaissance d'une petite chienne de 2 mois adoptée par sa maîtresse (qui vit dans une autre région pour des raisons professionnelles). Il est toujours en rééducation et habite avec sa maîtresse n°2 (maman de la première). Il y a donc risque de jalousie (détails dans le chapitre "Les chiots").

À la fin, vous revoyez la caresse qui correspond à la relation qui est aussi l'apprentissage du rappel (automatisme de la maîtresse).


Il faut toujours tenir compte du contexte avant de donner la caresse ou pas, même et surtout avec les chiots. Ce n'est pas toujours facile car ils sont craquants. À première vue on pourrait penser qu'il s'agit d'un oubli. Mais la petite a déjà de la personnalité et une remarque humoristique, un petit mot d'amour à ce moment-là pourraient être un renforcement négatif.



Deux sujets illustrés par la vidéo qui va suivre : la joie du chien qui voit que son rôle est apprécié (donc qui coopère) et la place de la caresse pour la socialisation.

Contexte : La petite Hanshu a du mal à se laisser sentir par ses congénères. Il faudra pourtant qu'elle s'y habitue (le vétérinaire a décelé une sensibilité particulière au niveau de l'arrière-train). Elle a tendance à fuir, ce qui peut la mettre en danger, d'autant plus que par moments elle aboie comme si on la battait. Elle connaît des chiens de grande race mais a tendance à courir, et ceux qu'elle a rencontrés se sont tous plus ou moins laissés entraîner dans la poursuite. Elle a déjà pris des risques face à un chien noir et a eu peur sans raison (pour nous) d'un chien noir dans la salle d'attente du vétérinaire.  

Nous avons voulu lui permettre de vivre une autre expérience (nous n'avons rien à perdre). Et nous avons un collaborateur de rêve : Ness (vidéos et photos prévues dans témoignages sur les chiots).

Ness, ce noiraud, est aussi arrivé avec "plein de défauts" mais est devenu un vieux sage. Il sait faire preuve de personnalité, de virilité à certains moments, mais avec les chiots il est plein d'attention.

Ce jour-là il avait parfaitement compris quel était son rôle et a apprécié notre satisfaction. Voyez son regard les deux fois où sa maîtresse le félicite (la 2ème fois, c'est à la toute dernière seconde), il vaut tous les premiers prix du monde ! 

J'insiste sur le fait que ce que nous cherchons à construire n'est pas simplement un chien qui écoute mais un chien qui coopère. C'est pour cela que j'utilise cette vidéo.

À 1:12 : la caresse pour socialiser

À un moment donné, vous voyez que Catchuwoman caresse en même temps Ness et Hanshu : si vous êtes attentif, vous verrez qu'elle fait attention à l'instant où elle commence à le faire. C'est vraiment parce que Ness est conscient de son rôle qu'il a été possible de le faire : à un certain moment il est évident qu'il sait qu'il ne doit pas en faire plus. Le fait de caresser les deux en même temps permet à la petite d'être tout près de Ness plus longtemps. Tout le monde ne le comprendra pas, mais nous n'en attendions pas autant de cette séance !

Catchuwoman est placée entre les deux chiens qu'elle caresse.

Certains jugeront sans doute cet exemple inutile, ou un peu tiré par les cheveux et mon enthousiasme ridicule. C'est pourtant un micro-détail de grande importance et j'y reviendrai. Pouvoir caresser son chien à côté d'un autre chien qui se fait caresser aussi fait partie des exercices de socialisation. Avec des précautions et une progression, bien sûr. En s'adaptant au contexte particulier de chaque chien.

Parenthèse :

L'esprit d'entraide a toute sa place dans ce genre de situation : celui dont le chien n'a pas de problème va être utile à celui dont le chien est encore fragile. Les progrès seront le fruit d'une coopération entre humains et canins. Le moment où c'est faisable ne se présente quelquefois qu'après de longs mois durant lesquels les maîtres ne peuvent se parler qu'en prenant des précautions. Avec le même "doigté mental" que pour apprivoiser un animal sauvage, la même patience, la même tolérance, la même progression en dents de scie.

Les chiens le comprennent et apprécient d'être estimés à leur juste valeur (je mettrai d'autres exemples quand je les retrouverai).


À suivre...

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